À Saint-Léon, en Gironde, les époux Roquefeuil ont dû arracher la plupart de leurs vignes et se concentrent désormais sur l’accueil des visiteurs
« C’est un plaisir d’accueillir les gens chez nous ». Le château de Castelneau mise sur l’œnotourisme
Loïc de Roquefeuil est aussi intarissable sur l’histoire de son superbe château de Castelneau que sur celle de l’Entre-deux-Mers, ce vaste vignoble girondin situé entre la Dordogne et la Garonne. Nous sommes à Saint-Léon, à deux pas de Saint-Émilion, et il est la neuvième génération de la famille à prendre soin de cette bâtisse érigée au Moyen Âge et maintes fois remaniée depuis.

En ce début d’année 2026, celui qui a tenu un bar à vin à Paris avant de revenir, en 1987, s’occuper de ce château qu’il aime tant, a le cœur gros. Avec la sévère crise traversée par tout le Bordelais, il a dû se résoudre à arracher 30 hectares de vigne. Il ne lui en reste plus que 6, confiés à un dynamique producteur du voisinage. « J’avais 3 hectares à mon arrivée. J’y ai cru à fond. C’est comme si tout le travail de ma vie de vigneron avait été arraché. » Y compris 60 ares de sémillon blanc plantés en 1888. « Je les regrette déjà. » Ajoutant, comme pour essayer de mieux tourner la page : « Quand mon épouse, Diane, qui aime le soleil, rêvait de vacances sous les tropiques, je lui disais qu’il fallait investir dans les vignes et que nous partirions plus tard. En fait, j’ai aussi arraché trente ans de vacances non prises. »

Jusqu’à 250 000 bouteilles vendues lors des plus belles années – en particulier en Chine, grâce à un fils installé sur place –, puis un monde qui disparaît. Celui de vigneron. Avec ses coups durs, comme cette grêle qui a dévasté le vignoble en 2013, mais aussi ses satisfactions, comme celle de produire des vins de qualité. Avec Diane, rencontrée à ses débuts à […]

















